mercredi 19 janvier 2011

Affligeant et rassurant à la fois


ça y est, on y est presque.
L'année prochaine, on vote aux présidentielles.
Et pour qui votera-t-on?
On sait déjà pour qui on ne votera pas. Indice : c'est un prénom en -a.
Ce qui est affligeant, c'est que nos concitoyen(ne)s voteraient moins volontiers pour une femme d'opposition que pour un homme d'opposition. A un 1er tour, Sarkozy obtiendrait moins de votes que Strauss-Kahn, mais plus qu'Aubry.Ce qui donnerait une chance à l'affreux contre la dame du PS au 2e tour.
Ce qui rassurant, c'est qu'au cas où le FN serait présent au 2ème tour, ce qui est improbable mais qui s'est déjà vu, nos concitoyen(ne)s les plus réacs ne voteraient sûrement pas pour une femme contre un homme.
(D'après un sondage du Monde du 19 janvier 2011.)
Comme dit l'autre, "le racisme, c'est bien, le sexisme, c'est mieux".

Photo : Echinocactus grusonii, aussi appelé "coussin de belle-mère.

vendredi 7 janvier 2011

Du genre et des sophismes

Qu'on n'aille pas déduire de ma dernière entrée que je suis contre les allocations familiales et leur caisse. Seulement contre les absurdités d’un système dont le principe est excellent mais la gestion corrompue. Il serait tellement facile de tomber dans ce piège que nous tendent les gouvernements ultra-libéraux . Qu’ils insufflent des moyens financiers à la hauteur d’un état riche respectueux de ses citoyenNEs plutôt que de nous enjoindre de critiquer les manques d’institutions qu’ils ont eux-même sabotées. Qu’ils rendent à ces organismes les budgets dont ils les ont spoliés au profit des banques, compagnies d'assurances et autres multinationales.

Ce piège me semble parfaitement semblable, hélas, à celui tendu par la composante dominante de n'importe quel groupe minoritaire. Prenons l'exemple des UEEH. Derrière le sigle, désignant les universités d’été euro-méditerrannéennes homosexuelles, se cachent divers groupes queers et interlopes, comprenant des pédés, des gouines, des trans, de biEs, et des intersexes, chacunE cisE et transE, et peut-être encore d’autres hurluberluEs que j’oublie. Le principe de ces drilles joyeux/ses ou tristes est que pendant une quinzaine utopique, le féminin l'emporte.
Excellente intention.
Expérience fort intéressante.
Effets fonctions des groupes, avec des résultats hétérogènes.
1. Chez les pédés, groupe dominant, et chez les gouines, pas de problème, le principe a été accepté et mis en oeuvre largement.
2. chez les trans d’homme à femme, même chose.
3. Par contre, les trans de femme à homme, c’est toute leur démarche qui est niée.
4. Chez un certain nombre de pédés, le féminin l’emporte non seulement dans la grammeaire générale, mais surtout dans les insultes : ils se traitent de tous les vocables en –asse sans distinction. Par contre, exception à la règle, les compliments restent masculins. « Ironie » répondent-ils aux objections. Tout de même : surtout pour rire, les structures de l’aliénation sont toujours ce que l’ordre du langage concrétise.

Le gouvernement sabre les prestations sociales tout en feignant d’en garder les structures, celles-là mêmes que leur libéralisme contribue directement à scléroser, anémier, étouffer, atrophier ; de même que les membres les plus consommateurs et grand public des UEEH sabrait les intentions féministes des membres les plus radicaux/ales en sabrant l’usage du féminin pour en faire matière à dérision en feignant d’en adopter les valeurs.

Alors, que faire? Dénoncer, critiquer, inventer des alternatives, nous indigner, moi et touTEs ceux/celles qui veulent bien partager mon indignationn légitime. Et plus, puisque affinité.
rances et autres multinationales.

jeudi 6 janvier 2011

L'attestation de la CAF

Pour fêter la nouvelle année, parlons de socialisme. Enfin, pas du parti politique, mais de la redistribution des richesses à l'ensemble de la société, c'est-à-dire des prestations sociales.

Etre allocataire du RSA à la CAF donne droit à un certain nombre d’exonérations. En l’occurrence, (pour la peinturlureuse installatrice que je suis) l’exonération de se faire plumer comme unE touriste quand je vais au musée, comme dans un certain nombre de lieu de conservation et de valorisation du patrimoine culturel.

Le partage de la culture, c’est le signe d’un haut degré de civilisation, non ?

Mais encore faut-il prouver que je suis allocataire réelle. Or la CAF ne délivre plus de document en bonne forme, même due. En forme d’imprimé, veux-je dire. Pour se procurer une attestation, il faut passer par un site web. Donc avoir un ordinateur. Ou connaître un bon cyber-café. Il faut un mot de passe, qu'on ne vous délivre que sur demande expresse. Il faut trouver le bon écran, et comment l'imprimer.

Après ce parcours du/de la citoyenNe, voici enfin l’Attestation.

Une attestation est un document portant témoignage, ou preuve, de la véracité de quelque chose. Or l' "attestation" délivrée en ligne par la CAF est un simulacre : elle comporte bien votre nom, adresse, numéro de téléphone, mais aucune date d’émission. Sa validité ne peut pas être établie, elle est proprement inutile.

Je ne me décourage pas : l’administration française n’est pas simple, c’est bien connu, il faut toujours insister pour arriver à ses fins, toutes légitimes qu’elles soient. Je trouverai bien une paperasse quelconque où apparaît une date récente ; par exemple un avis de payement. Voilà.

Mais là encore surgit l’obstacle de l’incomplétude : y est omis mon nom, bien qu’apparaisse mon numéro d’allocataire ! au bout du compte, en combinant les deux papiers et en en recoupant les informations utiles qui y sont dispersées, j’arrive à démontrer non seulement que je suis effectivement allocataire du RSA, mais aussi que je dispose de qualités propices à mon amour-propre : courage, de persévérance, de débrouillardise, de ténacité, sans compter d’une imprimante et d’un portefeuille assez grand pour transporter tous les titres en jeu.

Merci la CAF de ton soutien matériel ET moral.

jeudi 30 décembre 2010

une politique de l'oxymore

Une politique de l’oxymore.

Quoi « à mes souhaits » ?
Quoi, « qui est mort » ?
Lectrice, lecteur, encore peu accoutuméE à ma prose et ses errements poïétiques, voilà, maintenant tu es au courant :
- je fais plein de maniérismes en écrivant
- je commente mes rencontres culturelles et artistiques de toutes sortes
- je tords le cou aux règlements des académiciens et de tous ceux (principalement mâles) qui s’arrogent le droit de prescrire l’usage des mots.

Je me réfère ici au titre d’un livre paru récemment, la Politique de l’oxymore de Bernard Meheust, la Découverte, Paris, 2009 ; bouquin décevant, mais dont le titre est la meilleure partie, ce qui dispense de l'ouvrir, le lire, l'acheter, etc.

Un oxymore, nous apprend-on en linguistique (non, pas rhétorique, ça fait trop propagande ringarde), vient du grec, ὀξύς(oxus), « malin », « spirituel », et μωρός (moros), « stupide », « bêta » ; c’est une figure de style qui a l’air insensée, parce qu’elle allie deux référents incompatibles, mais qui recèle un sens imagé, frappant comme un trait d’esprit, superbe en poésie. Le soleil noir de Nerval est devenu un exemple canonique, et dans le genre romantique, c’est joli (cf : El Desdichado, Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

Hélas hélas, si le charme d’Adam est d’être à poil, celui de l’oxymore n’est certainement pas d’être politique.
Quand j'entends que Mme Kosciusko-Morizet est ministre des transports, dulogement, mais aussi de l'écologie et du développement durable du gouvernement Fillon sous présidence Sarkozy, je me sens mélancolique, et à la tour abolie : toute poésie mise à part, cela ne veut-il pas dire que le transport et le logement à long terme vont être piétinés par son ministère au nom de la production d’énergie nucléaire et de la spéculation immobilière inhérente au libéralisme de marché ?
De même, quand Eric Woerth a été nommé ministre du budget et de la fonction publique, ne s’est-il pas avéré que sa fonction consistait à sabrer la fonction publique pour réduire le budget, au nom de l'austérité public au profit de la dynamique libérale des initiatives privées? Budget et fonction publique étaient manifestement oxymoriques dans son titre.

Et là, à lire l'Histoire du XIXème siècle, je découvre que la démocratie libérale, comme je m'en doutais, c'est aussi un oxymore, qu'on vit dedans depuis longtemps (la fin de la 2e guerre mondiale), et que c'est aussi absurde qu'on le vit. La crise a bon dos, les citoyenNEs n'ont pas droit de cité dans cette organisation politique là. Que faire alors? Voter?pas seulement.Occuper et animer l'espace politique. Comme au Chili avant un certain 11 septembre (1973, hé!)

samedi 11 décembre 2010

Aculturation - Acculturation


Puisqu'on vous dit que l'orthographe a du sens!
la pesanteur est le contraire de l'apesanteur,
l'acculturation est la version optimiste de l'aculturation,
Les auteures se défendent bien d'être des auteurs,

comment ça le français est une langue sibylline?
Vous êtes sceptiques? Tant que vous n'êtes pas septiques, votre hypothèse n'est pas fosse.

lundi 29 novembre 2010

l'expo Basquiat

Retour au Musée d'art moderne de la ville de Paris, pour y voir la rétrospective sur Basquiat.
Les oeuvres sont superbes, bien accrochées dans un espace assez vaste pour qu'on ait du champ pour les contempler. Compositions complexes, plans disjoints en quadrillages intuitifs, peinture automatique, écriture cryptique, répétitive, incantatoire, référence à l'art de l'Afrique noire, de la rue, des médiums de masse, (dits aussi mass media) ; sur des surfaces unies des traits vifs, parfois complexes, souvent précis, déclinant des harmonies de couleurs fortes, acidulées plutôt que ternes ; tons expressifs et formes stylisées, rappelant la pub, la bédé, les dessins d'enfants, loin de toute sophistication technique. Supports divers, toiles, papiers, bois, objets divers, jusqu'au triste frigo vide, debout seul dans un angle blanc. Admiré, adulé, pas branché, tiède, embaumé.
Il y a du monde autour des oeuvres, à contempler quelques instants chaque partie de ce-qui-a-été-désigné-à-voir, selon le rite accompli des fidèles du bon goût, ces mêmes fidèles qui approuvent qu'on évacue les squats d'artistes à côté de chez eux, sous prétexte que ceux et celles-ci font du bruit et dégradent, c'est-à-dire peignent, les murs nus du voisinage.

L'expo est victime de son succès médiatique et de la foultitude excessive qu'elle provoque. D'une part parce qu'on ne peut pas regarder les oeuvres comme on le voudrait, le commun des visiteur/euses s'attendant à ce qu'on marche au pas de course, comme toutE unE chacunE. D'autre part parce qu'on peut encore moins dessiner ou étudier en détail et en profondeur ces originaux dont les reproductions, disponibles à la librairie du musée, trahissent format, facture, texture, volume et originalité. Les autres visiteurs/euses scrutent vos croquis d'un oeil inquisiteur, les gardienNEs se demandent soudain s'il ne faudrait pas une autorisation spéciale, et moi, je me demande à quoi sert l'espace du musée si ce n'est pas pour permettre la transmission d'un savoir non seulement à des spectateurs/trices, mais surtout à d'autres artistes qui pratiquent le dessin, la peinture, la sculpture, etc.



Le musée n'est-il que l'espace où l'exposition est rentabilisée financièrement? sans compter les produits dérivés, l'entrée est une source de revenus substantiels. Et pas question de rentrer dans l'expo si on a eu le malheur d'en sortir, par exemple pour se soulager la vessie, puisqu'il n'y a pas de toilettes dans l'espace d'exposition (contrairement à l'expo sur Larry Clarke, dans l'autre aile du bâtiment.) Donc soit l'art relève du pur esprit, les contingences corporelles n'y ont nul droit de cité, soit on est censéE parcourir l'expo en un temps limité, comme dans un des non-lieux théorisés par Marc Augé, ceux dans lesquels on ne peut pas s'arrêter mais simplement passer, ceux où il faut toujours être en mesure de justifier sa présence et son innocence.
La gardienne auprès de qui je proteste, et qui ne fait que retranscrire des ordres auxquels elle se conforme : "est-ce que vous pouvez rentrer dans une salle de cinéma après en être sortie?" Peut-on comparer le cinéma, art temporel, à la peinture, art spatial? Amalgame, quand tu nous tiens...
A sa décharge, ayant acheté mon billet en ligne, je n'avais pas sa contremarque ; et les ordres des directeurs sont que les gardienNEs déchirent systématiquement ces billets achetés sur internet. Sinon légal, le procédé n'est pas juste puisque seulEs les internautes sont pénaliséEs. Bon à savoir à l'avenir : ne jamais rien donner aux gardienNEs de musées (et autres zozos en uniforme) qu'ils/elles ne puissent vous rendre.
Les grands musées des capitales sont victimes de ce travers lié au fétichisme des oeuvres consacrées de l'histoire de l'art. Le British Museum et le National Gallery de Londres comme les autres. Mais leurs expos permanentes sont gratuites, elles. Quant aux expos temporaires, ne vaudrait-il pas mieux les tenir dans des lieux mieux adaptés à l'affluence attendue? de même que des quartiers à haute densité devraient être pourvus d'infrastructures mieux adaptées aux besoins de leur population?
Peut-être est-ce trop demander dans nos sociétés où institutions et infrastructures publiques sont systématiquement annexées au profit des intérêts privés de quelques-unEs, que l'extérieur de leur tour d'ivoire ne concerne en rien.

mardi 9 novembre 2010

Musée d'art moderne : le site-escargot

Je vous recommande le site web du musée d'art moderne de la ville de Paris (où se trouve l'expo Basquiat). Il y a plus d'attente pour se procurer un billet en ligne que devant le musée pour en acheter un au guichet. Soit plus d'une heure. L'avantage du site, c'est qu'on peut différer son attente. S'il pleut mercredi prochain, quand j'irai à l'expo avec mes potes, nous entrerons directement au chaud plutôt que de jouer les escargots qui chantent sous le crachin. Quant à ceux et celles qui préfèrent prendre racine devant les superbes murs de l'avenue Marceau, ils auront toujours la liberté d'émuler le maître dont ils vont contempler les oeuvres, en graffitant joyeux/ses des escargots sur le trottoir ; mais à la peinture à l'huile, alors ;)